Le sexisme scolaire à travers l’Histoire

Aperçu historique et évolution

Pour vous présenter et analyser les inégalités de genre, Tariq Ramadan vous propose en premier lieu de dresser un panorama de l’éducation des filles à travers l’Histoire.

Une éducation originellement religieuse

Plusieurs ouvrages prônent une éducation des filles exclusivement religieuse, comme le livre pour l’enseignement de ses filles (Geoffroy de La Tour-Landry ) paru au XVIème siècle. Ce dernier préconisait également de transmettre le savoir-faire des tâches domestiques auprès des futures femmes, mères et épouses. En termes historiques, c’est le mouvement catholique de la Contre Réforme qui vise à une éducation religieuse des filles. En résulte une forte séparation dans l’éducation garçons/filles au détriment de ces dernières.

 

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Le siècle suivant ne connaît pratiquement pas d’évolution en la matière et est marqué par un véritable élitisme en termes d’instruction féminine (dispensée alors dans les grands ordres).
Là encore, la religion est au cœur de l’enseignement dispensé dans les couvents ou écoles de charité, ayant pour vocation de faire des femmes des religieuses ou épouses futures mères au foyer.

Des mentalités et une législation en timide évolution

Le XVIIIè siècle voit quant à lui parler pour la première fois d’égalité homme/femme à travers les discours des philosophes.

Toutefois, la société peine à changer en cette faveur et l’éducation féminine se réduit à apprendre l’alphabet, le catéchisme ainsi que quelques arts comme le chant, la danse, la broderie et le dessin. Les femmes restent donc destinées au travail domestique et au soin des enfants. L’un des philosophes les plus en faveur d’une évolution est Condorcet : il revendique l’égalité des sexes dans l’instruction en affirmant notamment qu’il est dangereux de « conserver l’esprit d’inégalité chez les femmes, ce qui empêcherait de le détruire dans la tête des hommes ».
Il justifie son argumentation en invoquant par exemple le fait que les femmes doivent être en mesure d’être autonomes en cas de décès du mari et de transmettre la culture à leurs enfants.

Le XIXe siècle est marqué par la loi Guizot (1833) qui instaure l’enseignement primaire…pour les garçons exclusivement. L’écart perdure avec la moitié des filles illettrées contre un quart des garçons. Face à ce constat, la loi évolue avec l’ouverture d’écoles publiques primaires via la loi Falloux de 1850 puis la loi Gobelet (1886) qui concrétise la mixité scolaire. Durant la même période, la loi de Camille Sée instaure les collèges de jeunes filles.

Il faudra cependant attendre 1975 (loi Haby) pour que la mixité scolaire ne devienne obligatoire. Autre fait marquant de cette loi : deviennt également obligatoire l’enseignement primaire et secondaire pour tout enfant entre 6 et 16 ans. Un pas marquant pour l’inculcation du savoir-vivre ensemble et du sens de la collectivité sans distinction de sexe ni d’origine. L’école joue donc d’autant plus un réel rôle socialisateur dès le plus jeune âge.

Tariq Ramadan vous proposera ultérieurement de découvrir des exemples et chiffres illustrant le problème du sexisme en milieu scolaire, afin d’illustrer ce que nous avons précédemment abordé ensemble.

 

T.Ramadan

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